La tristesse superpose un à un ses voiles, pour obscurcir et cloisonner l’esprit que seul un éclair de colère pourra faussement illuminer. Dans cette noirceur, les pleurs et les coups se confondent, œuvrant de concert vers la tombe. C’est là que, une fois revenue, la morne solitude vous murmure qu’elle ne vous a jamais quitté. Tapis dans la part d’ombre qu’elle a pris le soin de créer, elle n’attend que la faille lui permettant de se glisser et de submerger la conscience. Comme un torrent rageur, elle emporte le flot d’illusions fragiles que l’on avait longuement réifiées. Brisés contre les rochers du désespoir, ces désirs se muent en cyniques imprécations.
Le courant ayant rempli sa besogne, la vacuité s’empare de vous. Seul le doute nous dévore, alors même que l’appétit charnel s’éloigne. La chaleur corporelle n’est plus, elle enveloppera bientôt une nouvelle proie. Choix ou défaut, l’injustice est là.
Triste ironie : c’est quand l’étincelle s’éteint que le cœur s’embrase pour devenir cendres. Ses battements sont troqués pour ceux des tempes, résultats d’un questionnement permanent et victime de la soudaine cataplexie de l’être choyé. Recroquevillé dans l’inhospitalière froideur de son esprit, on tente de se rassurer : on sait que c’est elle. Mais pourtant, il est temps de comprendre : je ne suis pas lui…
Quentin Berthelot
NB : Voilà, comme vous l’aurez compris, ce texte n’est pas de moi. Il est le premier texte a être publié ici. Il s’agit d’un texte qui m’a retourné, d’une plume amie qui ma retourné.